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Procès Damana Pickass : un report qui soulève des interrogations sur la procédure judiciaire

Le proces de Damana Pickass au Tribunal de premiere instance dAbidjan Plateau

Damana Pickass au Tribunal d'Abidjan Plateau

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Le procès de Damana Adia Pickass, cadre influent du Parti des Peuples Africains de Côte d’Ivoire (PPA-CI), a une nouvelle fois été reporté, cette fois en raison de l’illisibilité du procès-verbal contenant les déclarations d’un témoin clé. Prévu initialement le 27 novembre 2024, il se tiendra désormais le 4 décembre prochain. Ce report, motivé par une demande de la défense, met en lumière des questions cruciales autour de la transparence et de l’équité du processus judiciaire.

Un procès au cœur de la tourmente politique

Accusé d’avoir orchestré une attaque armée en avril 2021 contre le camp militaire d’Anonkoua Kouté à Abobo, un assaut qui a coûté la vie à trois personnes et fait un blessé, Damana Pickass est sous contrôle judiciaire depuis son inculpation en février 2023. Cette affaire revêt une dimension hautement politique en raison du statut de l’accusé, proche de l’ancien président Laurent Gbagbo et figure de proue de l’opposition.

Le Parti des Peuples Africains de Côte d’Ivoire, auquel il appartient, dénonce un procès qu’il qualifie de « politique », estimant que les charges reposent sur un dossier insuffisamment étayé. Cette posture s’inscrit dans un contexte de tensions récurrentes entre l’opposition et le pouvoir, à l’approche des échéances électorales de 2025.

Un report controversé : quelles implications pour la justice ?

Lors de l’audience du 27 novembre, la défense a pointé du doigt un obstacle de taille : le caractère illisible du procès-verbal contenant les déclarations de l’accusateur principal. Pour les avocats de Damana Pickass, ce document, dans son état actuel, empêche une lecture claire des charges et compromet la possibilité de préparer une défense solide.

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Le tribunal a reconnu la légitimité de cette requête, mais cette décision alimente le débat sur les failles potentielles dans le traitement des dossiers sensibles. Alors que le procureur a plaidé pour un report de courte durée afin de ne pas entraver la procédure, les partisans de Pickass y voient un nouvel épisode dans ce qu’ils qualifient de harcèlement judiciaire à l’encontre des figures de l’opposition.

Mobilisation politique et enjeux à venir

L’audience a été marquée par une forte mobilisation des cadres du PPA-CI, notamment Assoa Adou et Hubert Oulaye, venus afficher leur soutien à Damana Pickass. Ce procès est suivi de près par les acteurs politiques ivoiriens, non seulement pour ses implications sur l’avenir de l’accusé, mais aussi pour ce qu’il symbolise en matière de lutte d’influence entre le pouvoir et l’opposition.

En dépit des accusations graves portées contre Pickass, ses partisans continuent de clamer son innocence et dénoncent une instrumentalisation de la justice. Ce procès, disent-ils, constitue une tentative de museler une opposition de plus en plus critique à l’approche des échéances électorales. La prochaine audience, prévue le 4 décembre, sera donc déterminante pour clarifier les charges et donner un aperçu de la stratégie de la défense face à des accusations aussi lourdes.

Un test pour la crédibilité de la justice ivoirienne

Au-delà de l’affaire Pickass, cette affaire soulève une question plus large sur la gestion des dossiers judiciaires en Côte d’Ivoire, notamment ceux qui touchent à des personnalités politiques. L’illisibilité du procès-verbal met en évidence des dysfonctionnements administratifs susceptibles de nourrir des critiques sur la transparence et l’impartialité de la justice.

Pour les observateurs, l’enjeu de ce procès dépasse largement le cadre de la culpabilité ou de l’innocence de Damana Pickass. Il reflète la nécessité de renforcer les garanties procédurales dans un pays où la justice est souvent perçue comme un outil de règlement de comptes politiques. À l’aube des élections présidentielles de 2025, cette affaire cristallise les attentes, mais aussi les doutes, sur la capacité des institutions judiciaires à rester neutres dans un climat de polarisation politique intense.

Grace-Gaelle


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