Le faible recours des populations aux services d’état-civil pour la déclaration des naissances dans les délais est un des facteurs clés qui entrave l’enregistrement universel. Des disparités importantes existent entre les femmes et les hommes de même que l’ignorance des dispositions légales relatives à la déclaration des naissances à l’état civil à savoir l’obligation faite aux parents de déclarer la naissance de leur enfant (36% pour les femmes contre 21% pour les hommes), selon les résultats de l’enquête démographique et de santé 2012 (EDS 2012) et de la gratuité du délai légal de trois mois accordé pour la déclaration, a énuméré Dr Irié.
Le second groupe de facteur est lié à l’offre de service d’état-civil c’est-à-dire à certains dysfonctionnements et pratiques en cours au niveau des centres d’état-civil. Les pratiques non conformes aux dispositions légales des services dissuadent dans certains cas la déclaration des naissances à l’état-civil. En effet, les résultats de l’étude susmentionnée indiquent que 61% des usagers des services d’état-civil ont été soumis à une exigence de présentation de pièces d’identité des parents au moment de la déclaration. En plus, 13% des requérants ont été soumis au paiement de frais autres que les frais de timbres au moment de la déclaration.
”Le fonctionnement correct des services de l’état-civil est contrarié par plusieurs difficultés liées également à l’inadaptation de l’infrastructure, les ruptures en intrants nécessaires à l’enregistrement des naissances” fait-il savoir avant de conclure que la faible qualification du personnel des services d’état-civil et la faible supervision des services par la tutelle et l’autorité judiciaire (depuis 2012, seulement 19% du personnel d’état-civil a reçu au moins une mission de supervision de l’autorité de tutelle ; ce taux est de 20% pour les missions de contrôle des tribunaux) demeurent des faiblesses à corriger.
AIP