L’affaire du meurtre de Deagoue Mars Aubin, surnommé le « général Sorcier », principal rival au sein de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI), entre dans une nouvelle phase. Depuis le mardi 22 octobre 2024, le Secrétaire Général de la FESCI, Sié Kambou, accompagné de plusieurs membres influents de l’organisation, a débuté ses auditions devant un juge d’instruction. Accusé d’association de malfaiteurs, d’assassinat, de complicité de meurtre et d’agression ayant causé la mort, Sié Kambou fait face à une enquête qui vise à éclaircir une série de violences meurtrières survenues sur le campus.
Des accusations lourdes pour la FESCI et un climat de violence sur les campus
Selon des sources judiciaires, les accusations envers les membres de la FESCI portent sur des crimes particulièrement graves. Outre le meurtre de Deagoue Mars Aubin, l’enquête s’intéresse également à la mort de Diomandé Khalifa, un autre étudiant. Ces incidents violents, perpétrés en interne, jettent une lumière crue sur un climat de rivalités extrêmes au sein de l’organisation, révélant un cadre où les luttes de pouvoir dégénèrent en violence meurtrière.
Les auditions en cours visent à déterminer les responsabilités de chacun et à recueillir des éléments cruciaux pour l’instruction. Ce processus est essentiel pour comprendre non seulement les circonstances de ces meurtres mais aussi pour dresser le tableau des pratiques au sein de cette organisation estudiantine autrefois puissante.
Une enquête qui s’étend et une décision radicale du gouvernement
Parallèlement aux auditions, les forces de l’ordre recherchent activement d’autres membres de la FESCI potentiellement impliqués dans ces violences. L’enquête, supervisée par le parquet d’Abidjan, se veut exhaustive et a déjà mené à des arrestations, mais plusieurs acteurs demeurent encore dans la clandestinité.
Face à cette crise, le gouvernement a pris des mesures fermes et inédites : il a décidé de dissoudre les organisations estudiantines, dont la FESCI. Cette décision historique, qui suscite de vives réactions, vise à endiguer un système où le pouvoir estudiantin semblait avoir échappé au contrôle institutionnel, entraînant des dérives violentes et l’émergence de zones de non-droit sur les campus.
Les prochaines étapes de l’instruction
L’évolution de cette affaire dans les semaines à venir sera décisive pour le sort des accusés et pourrait marquer un tournant dans la gestion des organisations étudiantes en Côte d’Ivoire. Avec la dissolution de la FESCI, le gouvernement entend marquer une rupture claire avec les pratiques passées et établir un climat plus sûr pour les étudiants. Les auditions et le travail du parquet permettront de mieux cerner l’étendue de ce réseau de violence et de déterminer les actions judiciaires qui en découleront.
DS